Synchronicité abracadabrante

Mon exaltation était hors de ce monde. Je venais d’apprendre qu’on avait accepté de m’offrir un laissez-passer pour aller voir Dr Wayne Dyer, qui était de passage à Montréal, six heures avant le début de sa congrès, au Palais des Congrès. Je vais aller voir Wayne Dyer! Je vais aller voir Wayne Dyer! ai-je crié frénétiquement. Après avoir lancé de joie mon petit dans les airs, il m’a regardée avec un air effrayé, puis quelques secondes plus tard, s’est mis à pleurer.

— Oh! Je suis désolée, mon coco. Maman ne voulait pas te faire peur. C’est que je n’en reviens pas, tu vois.
À peine ai-je dit ces paroles qu’une autre pensée est venue péter ma bulle.
— Mais attends une minute… qui va te garder?

Ça faisait presque deux semaines depuis que j’avais pris l’initiative d’être audacieuse et de demander un laissez-passer au promoteur de l’événement. Je dis audacieuse parce que, souvent, je présume d’emblée que quelque chose n’est pas possible sans même avoir essayé. Et là, ça faisait au moins une semaine que je m’enivrais à la traite de vidéos inspirantes sur le site de Lilou Mace. Oui, je sais. Encore cette fille dont je n’arrête pas de faire l’éloge. Bref, quand j’ai su que Wayne Dyer était de passage à Montréal, je me suis dit que ceci ne pouvait pas être une coïncidence. Je devais à tout prix assister à cette conférence. Maintenant, il était venu le moment de mettre la loi d’attraction à l’épreuve. Allait-elle vraiment fonctionner ? C’est ce que j’allais découvrir.

Je me souvenais que, puisque je faisais maintenant partie de l’équipe du Lounge urbain radio, j’avais droit à certains privilèges. Du coup, j’ai demandé à la réalisatrice, Keithy Antoine, de m’expliquer la façon dont je devais m’y prendre pour demander un laissez-passer. Il fallait que je trouve la personne responsable des relations de presse et que je lui adresse une lettre. Ensuite, elle m’a envoyé un gabarit de sorte que je m’y inspire. Après avoir fait une recherche sur Internet, je suis tombée sur le site Autopoetic Ideas festival, là où le nom recherché était inscrit dans la section Contact us. J’ai lu leur page d’accueil et l’« À propos » pour bien comprendre le but de cette organisation. Dans cette dernière section, je lisais (en anglais) :

Les personnes conscientes et éveillées ont des idées inspirantes qui éclairent le reste du monde. Nous croyons fortement au pouvoir d’une très grande idée, surtout quand elle émerge de la passion, de la présence et d’une connexion avec l’essence de notre être. Les idées engendrent la réflexion, mais les grandes idées inspirent et ont le potentiel de changer des vies, une perception et le monde en un instant.

Autopoetic Ideas appuie le processus organique de la création par l’inspiration. Sa mission est d’inspirer une compréhension profonde, un bien-être accru, des changements de la conscience et un changement positif dans et à travers le globe. Par des présentations, des conversations et des expériences, Ideas Festival crée des opportunités pour que les participants réveillent leur essence et se poussent en avant avec détermination dans leur voie.

Par la suite, j’ai lu la biographie d’une des personnes responsables de l’événement, Anne Thibault-Bérubé, dans laquelle j’ai appris qu’elle venait de Baie-Comeau, au Québec. Elle doit forcément parler le français, ai-je présumé. Il ne m’a fallu que quelques instants pour que mon esprit dicte à mes doigts quoi taper dans mon logiciel de traitement de textes. J’étais trop fière de ce que j’avais écrit – même si ma lettre pouvait paraître trop élogieuse ou soutenue. Je la partage ci-dessous :

Madame Thibault-Bérubé,

Quelle merveilleuse idée d’avoir créé un événement tel que Ideas Festival! Un événement comme celui-ci est essentiel pour nous aider à connaître notre plein potentiel afin de nous épanouir. Ma curiosité avide, fureteuse et insatiable pour le bien-être m’a tout dernièrement emmenée sur le site de Aurélie Macé, www.liloumace.com, site Web où j’ai visionné son interview inspirante avec Dr Wayne Dyer. Ensuite, quelques jours plus tard, j’ai pris connaissance de votre événement sur un autre site Web, promoteur de l’alimentation vivante. Étant partisane de la philosophie holistique, j’ai une motivation profonde d’encourager autrui dans leur développement personnel (pendant mon autoréalisation graduelle) et je donne mon aval à toute entreprise qui le favoriserait.

Je suis chroniqueuse à la radio sur les ondes du 1610 AM (devenu 1410 AM depuis quelques jours), dans la nuit du samedi, dans le cadre de l’émission Lounge urbain radio, produite par Keithy Antoine alias Lady Special K. Ses émissions, aussi rediffusées en ligne sur le www.loungeurbain.com/radio, sont écoutées par de nombreux auditeurs dans le monde et gagnent en popularité. Par conséquent, mon intégration dans son émission prend le même envol. Ainsi, tous les samedis, je tente de toucher les auditeurs en semant mes graines dans leur conscience. Ces temps-ci, étant donné que nous sommes au point culminant de notre existence, je me consacre à compiler de l’information de toutes les sources qui s’avèrent inspirantes pour aider les autres à comprendre ce qu’est la conscience et à admettre leur magnificence.

Passionnée de la santé naturelle depuis plus de 10 ans, je me considère comme étant une étudiante de la vie et une informatrice, une communicatrice. D’ailleurs, à travers mes expériences et mes connaissances personnelles, je partage tout ce qui peut alimenter la globalité de notre être en suivant le modèle de la philosophie holistique, à l’aide de l’écriture. Au départ, mes messages étaient transmis à travers mes chansons composées, et aujourd’hui, ils le sont sur mon blog, www.glamnola.com. La plupart de mes articles publiés traitent majoritairement de la façon d’améliorer notre dimension physique par la nutrition, mais depuis quelque temps, je sens qu’il est temps de passer à la compréhension de notre dimension spirituelle, notre conscience. Ce n’est que récemment que la chance m’a souri pour répandre l’information recueille à une plus grande échelle, et ce, de vive voix.

Ainsi, assister à la conférence de Dr Wayne Dyer et être témoin pour diffuser ses dires serait un apport considérable dans leurs esprits. Afin de vous familiariser avec l’émission, je vous envoie ci-joint le dossier de presse de Lounge urbain radio.

Par la présente lettre, je voudrais deux laissez-passer, car je sais que la couverture médiatique de cet événement serait mutuellement bénéfique.

Dans l’attente d’une réponse que je souhaite positive, je vous prie d’agréer mes vœux les plus sincères.

J’ai appelé mon père pour avoir son avis et, bon papa qu’il est, il m’a dit qu’il ne voyait pas comment elle pourrait refuser ma demande. Par la suite, j’ai demandé l’avis de Keithy, et elle m’a dit que je « mettais trop de fleurs ». Je lui ai expliqué que c’était la présentation de leur mission qui m’avait inspirée à écrire une lettre dans le même esprit. Et puis, j’avoue aussi que je voulais frimer un peu avec mon talent d’écriture (j’espère bien en avoir un).

Presque une semaine s’était écoulée, et je n’avais toujours pas eu de nouvelles. J’avais le choix : soit je restais découragée et j’oubliais que ma demande se réaliserait, soit je me décoinçais et j’appelais directement Mme Thibault-Bérubé. J’ai choisi la deuxième option. Deux jours avant l’événement, je l’ai appelée, mais j’ai basculé sur sa messagerie. Je lui ai laissé un message lui disant que je n’avais toujours pas eu de réponse. Plus tard en soirée, j’ai reçu une de mes meilleures amies, Fatima, qui voulait absolument me présenter une fille dont elle avait fait la connaissance quelques jours plus tôt. Fatima n’arrêtait pas de m’en faire l’éloge en me disant que je serais épatée par ses paroles. Car elle était une fille très spirituelle et chaleureuse.

Bref, pendant qu’elles étaient dans leur monde en train de blablater, leurs voix s’estompaient lentement, car je m’éloignais tranquillement dans mes pensées. Je songeais à une invitation qu’une ancienne camarade de classe m’avait faite quelques jours plus tôt à un restaurent Grillades et que j’avais acceptée. C’est que j’avais complètement oublié qu’elle m’avait invitée la même soirée que le congrès de Wayne Dyer. Je souhaitais ardemment y assister et secrètement décliner son invitation. Je ne me voyais pas attablée, en plein milieu d’une cacophonie, en train d’essayer choisir  avec peine et misère un plat végétarien pendant que des centaines de gens écoutaient avec admiration un homme inspirant.

J’étais complètement claquée, et les filles étaient toujours assises dans mon salon. Je feignais de ne pas paraître fatiguée, mais mes yeux rouges et mes paupières lourdes me trahissaient. Finalement, vers 2 h du matin, les filles m’ont épargné cette souffrance. Je suis allée les raccompagner à la porte et suis retournée m’asseoir dans le salon pour quelques secondes. Je contemplais ma table basse vitrée, où j’avais déposé quelques livres de décoration, des Écritures saintes et des livres à lire. Parmi cette dernière catégorie, je fixais un livre rouge qui m’a sauté aux yeux. J’avais acheté ce bouquin depuis deux ou trois ans et je ne l’avais jamais encore lu. Quand j’ai emménagé mon salon, je l’ai sorti de ma bibliothèque pour me rappeler de lire, mais je n’avais jamais porté attention ni au titre du livre ni à son auteur. Mes yeux se sont écarquillés quand je l’ai examiné de plus près. J’étais sidérée. Je lisais Le Pouvoir de l’intention de Dr Wayne Dyer ! Bon sang ! J’avais ce livre en ma possession depuis tout ce temps-là ! Ce qui m’arrivait devait forcément être un signe. Je devais à tout prix assister à ce congrès, quitte à payer le prix d’entrée de 92 $. Cette nuit-là, je me suis couchée en psalmodiant : « J’ai l’intention d’assister à cette conférence », jusqu’à ce que je m’assoupisse.

Le lendemain, une amie, qui habite dans mon quartier, m’a proposé d’aller prendre un croissant et un café, avec nos mômes, dans une boulangerie sur la rue Bernard. Du coup, je me suis assurée de partir avec mon portable. Quand je suis revenue à la maison en fin d’après-midi, je l’ai vérifié et, à ma grande surprise, il était complètement déchargé ! Merde ! La dame avait dû me rappeler, et j’avais sûrement manqué son appel ! J’entendais déjà sonner le glas de ce rêve. Je me sentais comme s’il me filait entre mes doigts. La journée de l’évènement, j’avais accepté mon sort. J’ai suivi ma routine matinale : préparer mon petit déjeuner avec des fruits frais, passer le balai dans le couloir et la cuisine de mon appart, attendre que mon petit de 9 mois se réveille pour que je l’emmène sur le pot (oui, à 9 mois. Lire mon article intitulé Bébé sans couches… du tout) et lire mes courriels et les nouvelles. Et c’est midi que j’ai entendu l’alarme de mon logiciel de mon courriel pour m’annoncer la bonne nouvelle. Je lisais :

Un billet sera réservé pour vous à la porte. Le congrès commence à 17 h. Emily, pouvez-vous ajouter cette dame sur la liste ?

Anne

J’étais folle de joie. Je me suis empressée d’appeler mon ancienne camarade de classe pour lui annoncer la bonne et la mauvaise nouvelle. Elle était vraiment contente pour moi. Ensuite, je me suis attelée à la tâche de trouver une gardienne avec peine et misère pour mon petit. J’ai appelé Fatima en premier, et elle m’a dit qu’elle était hyper occupée et d’essayer de trouver quelqu’un d’autre et de l’appeler au dernier recours. C’est ce que j’ai fait. Mais chaque personne que j’appelais ne répondait pas au téléphone. Personne ne va m’empêchait de sortir ce soir ! ai-je pensé avec les dents serrées. À la fin, après avoir fait le tour, j’ai rappelé Fatima, et elle a accepté de le garder. Une fois ce souci mis de côté, je me suis dirigée dans ma chambre pour choisir ce que j’allais porter. Il fallait que je rayonne. J’ai opté pour une robe courte sans manches de BCBG en maille légère avec des couleurs d’automne et une veste cintrée à la taille bleu gris foncé, et comme accessoire, mes bottines compensées et retroussées couleur fauve et, comme deuxième accessoire, mon béret en crochet écru.

Après avoir choisi ma tenue – qui déchirait grave –, je me suis assurée de charger mon iPod pour enregistrer le congrès, car j’agirais en tant que journaliste pour l’émission radio à laquelle je participe le samedi soir. Alors voilà : je m’étais bien apprêtée pour cette occasion et j’étais prête sur tous les plans : physique, émotionnel, psychologique et… spirituel.

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