Recette pour prévenir l’infection à streptocoque B

Autour de ma 35e semaine de grossesse, ma sage-femme m’avait informée sur les risques d’infections à streptocoque B chez les nouveaux-nés, appelés en anglais Group B Streptococcus (GBS). Le streptocoque B est une bactérie qui fait partie de la flore intestinale, et tout comme les champignons, elle est cyclique dans la zone génitale. Entre 10 % et 40 % des femmes enceintes sont porteuses de cette bactérie qui, pour elles, n’est pas une maladie et ne cause aucun problème. Elle m’avait donné le choix de faire un dépistage, à l’aide d’un prélèvement dans mon sexe en premier lieu et dans mon siège par la suite, pour y déceler la présence ou l’absence de cette bactérie et, que je le fasse ou non, elle m’avait recommandé une recette, appelée protocole GBS (proposée par Claudia Faille), qui est en réalité un pré-traitement de trois semaines pour diminuer ou éliminer la colonisation du GBS.

Dans ma tête, la réponse quant au dépistage était un non catégorique. Entêtée, j’étais convaincue ou je me convainquais que tout allait bien se passer et que je n’avais pas besoin de faire toutes sortes de tests pour alimenter mon inquiétude et surtout celle de mon copain, étant du genre à faire tous les tests recommandés – n’étant pas toujours de bonnes recommandations quand on est très conscient de la nocivité de certains médicaments et épreuves – par les médecins.  En plus que, bien que l’infection provoque une maladie virulente susceptible de laisser des séquelles importantes telles que méningite, septicémie (infection du sang) et pneumonie chez le nouveau-né, cette conjecture est très peu probable. En d’autres termes, le nombre de bébés affectés est relativement petit : seulement un à deux bébé sur mille peuvent en être atteints. Par exemple, en 1997, 178 cas avaient été confirmés au Canada et, de ce nombre, on compte 14 décès [1]. Si certaines mères sont porteuses de cette bactérie et qu’un ou deux bébés sur mille contractent l’infection, l’immense majorité de leurs bébés se portent très bien, même s’ils ont été en contact avec la bactérie.

Malgré cela, les recherches effectuées visent à trouver le meilleur moyen de protéger les nouveaux-nés, mais les stratégies de prévention développées n’ont pas réussi, jusqu’à présent, à éliminer cette infection complètement. Par contre, elles semblent quand même parvenues à en réduire l’incidence. Ainsi, des efforts sont déployés pour contrôler les risques : identification de la clientèle, facteurs de risques, mode de transmission, test de dépistage, antibiothérapie préventive durant le travail chez la mère, surveillance et traitement du nouveau-né infecté.

Pour les femmes porteuses, l’usage des antibiotiques pendant le travail est la méthode de prévention adoptée dont le but est de les faire parvenir au nouveau-né par le biais du placenta. C’est la pénicilline qui est l’antibiotique de choix. Ma sage-femme m’avait expliqué que cet usage était automatique qu’on le veuille ou non; les professionnels de la santé, médecins ou sages-femmes, étaient obligés de suivre cette consigne. Les antibiotiques sont administrés par voie intraveineuse au moins quatre heures à six heures avant l’accouchement. Vive la liberté de choix.

Pour pouvoir déterminer qui serait le plus touché par cette infection, on avait défini des facteurs de risques :

  1. L’accouchement prématuré (avant 37 semaines complétées)
  2. La rupture prolongée des membranes (plus de 18 heures)
  3. La fièvre de la mère durant le travail (38 degrés Celsius et plu)
  4. Une infection urinaire au streptocoque B contractée durant la grossesse (même si elle est traitée)
  5. La naissance antérieure d’un bébé malade avec cette maladie

Bref, le nombre de bébés touchés est tellement petit que la très grande majorité d’entre eux se portent bien à la naissance, même si leur mère est porteuse.

Donc, la question était de savoir si j’allais faire le dépistage ou non. Eh bien non. C’est ce que j’ai finalement répondu à ma sage-femme. Sans me juger, elle m’a dit qu’il fallait qu’elle m’informe quand même étant donné que les maisons de naissance sont sous la tutelle du ministère de la Santé et elle m’a proposé d’y réfléchir quand même avant de donner une réponse finale. Quelle que soit ma décision, elle me proposait ce fameux protocole mentionné précédemment qui, presque à coup sûr, préviendrait de contracter cette infection. Il fallait la suivre à partir de la 36e ou 37e semaine jusqu’à l’accouchement. Voici la recette, révisée un peu plus tard par ma doula :

Protocole GBS

  • Manger beaucoup d’ail (en cas de problème de digestion, en prendre en capsules)
  • Prendre du Bio-K ou des probiotiques tous les jours
  • Prendre de la vitamine C chaque jour (Ester C avec des bioflavanoïdes, pas plus de 500 mg/jour)
  • Prendre de l’échinacée chaque jour (6 jours/semaine)
  • Mettre en suppositoire 1 gousse d’ail épluchée mais non coupée dans le rectum chaque soir (c’est la partie la plus importante du pré-traitement)

Quelques jours plus tard, à cause de mon manque de discipline, je m’étais seulement procurée du Bio-K et je prenais sporadiquement de l’ail. Peut-être que, intérieurement, je savais que je ne contracterais pas cette infection. Au début, je n’avais pas partagé cette information avec mon copain de peur qu’il me force à faire le dépistage. Mais, une petite voix me disait que je n’étais pas seule à attendre un enfant et qu’il incombait qu’il soit au courant. Quand je lui en ai parlé, il était furieux contre moi. Il m’a demandé pourquoi je lui avais caché cette information et je lui ai rétorqué que je craignais sa réaction. Je ne voulais pas qu’il me mette de la pression mais à y penser, je ne pouvais pas être cachotière avec lui, car maintenant qu’un enfant nous liait, je serais toujours confrontée à discuter avec lui de tout ce qui le concerne.

En dépit de ma conviction, j’avais changé d’avis et j’avais décidé de faire le dépistage quand même. Donc, à mon rendez-vous suivant, je m’étais retrouvée dans les toilettes avec un écouvillon, sachant pertinemment, dans mon for intérieur, que c’était une procédure inutile. Ma recette personnelle était dans mon esprit : n’avoir que des pensées positives.

Notes

[1] Selon le Rapport annuel de la Société canadienne de pédiatrie (juin 1997).

This entry was posted in Grossesse and tagged . Bookmark the permalink.

3 comments on “Recette pour prévenir l’infection à streptocoque B

  1. Mon naturo m a donne aussi un protocole un peu similaire ,resultat tres positfi, plus de strepto . Bravo la nature Valerie

    • Une de mes amies qui est médecin ne croit pas à ce genre de truc. Je suis contente de savoir que ça fonctionne vraiment. J’aimerais bien connaître les détails de ton protocole.

      • J’aimerais souligner qu’il ne s’agit pas d’un protocole. La recommandation est de faire un dépistage à 35-37 semaines de grossesse ou d’y aller par facteurs de risque au moment de l’accouchement (tels qu’énumérés ci-haut). La « recette maison » de l’ail et co. peut s’ajouter mais ne représente à aucun moment une alternative à la recommandation. Cette recette « pourrait » agir sur la colonisation au strep B mais aucune étude scientifique n’a démontré qu’il s’agissait d’une solution de rechange. Les vertus bactéricides de l’ail sont bien connues et peuvent avoir un effet sur la colonisation par le strep B et les femmes qui utilisent l’ail pour ses vertus bactéricides devraient le faire jusqu’à l’accouchement.  Si une femme choisit de ne pas faire le dépistage et utilise l’ail, lors de l’accouchement, s’il y a présence de facteurs de risque, la recommandation actuelle est l’administration d’antibiotiques durant le travail.