Hello world!

Le 26 septembre marque le quatrième anniversaire d’un tournant important dans ma vie vers le meilleur. C’est à cette date que j’avais été frappée par un sérieux malaise pour la première fois de ma vie.

Depuis quelques temps, je remarquais que j’avais du mal à avaler de la nourriture et, de ce fait, j’avais diminué mes portions alimentaires. De plus, depuis un moment, la nuit, dans mon lit, j’entendais très distinctement mon cœur battre à tout rompre. J’ignorais ces manifestations en espérant que ça passerait.

Mais cette journée-là, pendant que j’étais au travail, assise à mon bureau, j’ai été assaillie par un manque d’air et j’ai senti un resserrement intense à l’intérieur de moi. J’ai reculé ma chaise, ai baissé ma tête tout en mettant un poing sur ma poitrine et ai essayé de me ressaisir. À présent, je ne pouvais plus faire semblant : quelque chose n’allait vraiment pas. Comme je travaillais dans le milieu hospitalier, je me suis vite résolue à demander l’avis d’un médecin.

Après quelques épreuves passées, une gastroscopie et des prises de sang, on m’annonçait que j’étais probablement atteinte d’une hyperthyroïdie, mais qu’il fallait le confirmer avec d’autres épreuves médicales. En effet, l’information sur les symptômes pointait bel et bien vers cette maladie : perte de poids subite, palpitations et rythme cardiaque accéléré, et transpiration excessive. Par contre, d’autres symptômes étaient très inquiétants. Par exemple, des images des souffrants les montraient avec des yeux globuleux ou un goitre à la base du cou. Heureusement que rien de tout ça n’était apparu chez moi.

Une semaine après avoir passé les dernières épreuves, on me le confirmait : c’est bien ce que j’avais. Le médecin m’a proposé trois traitements médicaux possibles selon la gravité : d’abord, des médicaments antithyroïdiens pour empêcher la production de nouvelles hormones thyroïdiennes; ensuite, le traitement à l’iode radioactif pour détruire de manière permanente une partie des cellules thyroïdiennes, ce qui provoquerait sûrement un état d’hypothyroïdie; enfin, l’ablation totale ou partielle de la thyroïde. Pour commencer, le médecin m’a prescrit un médicament antithyroïdien, du tapazole, et un bêta-bloquant, du propanolol, pour stabiliser mon rythme cardiaque.

J’étais restée stupéfaite : comment avais-je pu être frappée par la maladie? J’avais  beau été en contact avec des patients régulièrement et, manifestement, j’avais beau savoir que n’importe qui pouvait être atteint d’une maladie, mais je ne comprenais pas comment et pourquoi ça m’arrivait. Bref, je m’étais résignée à prendre les médicaments. Le médecin m’a informée que seulement 3 % des personnes atteintes pouvaient être en rémission. J’allais prendre des médicaments pour le restant de ma vie? me demandais-je.

Quelques jours plus tard, je me suis mise à chercher sur Internet les causes de l’hyperthyroïdie. Soudainement, parmi celles-ci, un mot m’a sauté aux yeux plus que les autres : le stress. Le stress, le stress, répétais-je dans ma tête. Avais-je vraiment été exposée au stress? Je ressassais ce que j’avais vécu pendant les derniers mois et je pouvais conclure que ce facteur avait bel et bien pu en être la cause.

À cette époque, tout allait mal ou, du moins, c’est  ce que je ressentais profondément. Je sortais d’une grande relation amoureuse qui avait été un échec, je détestais mon boulot, je n’avais aucune carrière réelle, je n’avais aucun diplôme en main,  je n’avais pas encore acheté de propriété et je venais d’emménager dans un appart bien riquiqui de 250 pieds carrés (21 mètres carrés); bref, je n’avais rien je n’avais rien accompli au point de vue statut social par rapport à mon entourage. Et le pire, c’est que je frisais la trentaine.

Des mois ont passé, et je me suis dit qu’il fallait que je trouve une façon de me guérir, et ce, de façon naturelle. Toujours à la quête d’informations sur Internet, le mot bouddhisme m’est venu à l’esprit. Après maintes explications recueillies par le moteur de recherche, un hyperlien en particulier a attiré mon attention. Ce dernier parlait du Canon Pali, qui est la collection des textes fondamentaux en langue Pali, formant la base doctrinale du bouddhisme Theravada. Parmi les grandes lignes de l’enseignement du Bouddha, organisées selon sa méthode « d’entraînement graduel », j’ai pris la connaissance d’un texte en particulier, texte faisant partie de ces quatre nobles vérités, qui a percuté à l’intérieur de moi. Il parlait du mot dukkha, qui se traduit difficilement mais qui est rendu en français par les mots « stress », « insatisfaction » ou  « souffrance », etc. En voici la définition :

« Naître est dukkha, vieillir est dukkha, mourir est dukkha; la tristesse, les lamentations, la douleur, la peine, et le désespoir sont dukkha; l’association avec ce et ceux qu’on n’aime pas est dukkha; la séparation de ce et de ceux qu’on aime est dukkha; ne pas obtenir ce qu’on veut est dukkha. Bref, les cinq agrégats de l’attachement sont dukkha. »

– SN LVI.11

Et une définition contemporaine :

« Dukkha, c’est:

Le dérangement, l’irritation, le rejet, le souci, le désespoir, la peur, la crainte, l’angoisse, l’anxiété; la vulnérabilité, les blessures, l’incapacité, l’infériorité; la maladie, le vieillissement, la dégradation du corps et des facultés, la sénilité; la douleur/le plaisir; l’excitation/l’ennui; la privation/l’excès; le désir/la frustration, la suppression; ambition/manque de but; espoir/désespoir; effort, activité, effort/répression; perte, manque, insuffisance/satiété; amour/désamour, amitié; répugnance, aversion/attraction; parenté/être sans descendance; soumission/rébellion; décision/indécision, atermoiement, incertitude. »

– Francis Story in Suffering, in Vol. II of The Three Basic Facts of Existence (Kandy: Buddhist Publication Society, 1983)

Source : http://www.canonpali.org/cdl/dhamma/sacca/dukkha.html

Cela avait tellement de sens! On s’attache tellement à des attentes de soi ou d’autrui qu’on finit par s’auto-détruire. Et c’est exactement ce que je faisais : je m’auto-mutilais tranquillement avec un canif invisible de par mes pensées négatives. Maintenant que je l’avais compris, je voulais adopter une pensée positive. C’est à ce moment que mon frère, sans savoir ce qui se passait réellement dans ma vie au point de vue émotionnel, m’a fait découvrir le documentaire What (the bleep) do we know. Et plus tard, sans me souvenir comment j’en ai pris connaissance, j’en ai visionné un autre, intitulé The Secret. Ainsi, j’ai appris à être reconnaissante pour ce que j’avais dans ma vie. Par la suite, le mot méditation s’est mis à résonner à l’intérieur de moi. Du coup, j’ai commencé à en chercher les techniques.

Le printemps venait de débuter, et je suis restée toujours aussi curieuse sur la pratique. J’essayais de temps en temps de m’exercer à la maison, mais je n’étais pas satisfaite. J’étais convaincue que j’avais besoin d’un guide. Donc, un soir, je me suis remise à la recherche de centres qui enseignaient la méditation. J’ai trouvé des endroits à Montréal où l’on pouvait méditer pour quelques heures ou pendant un week-end. Toutefois, je sentais qu’il me fallait quelque chose de plus intense où je pourrais complètement déconnecter avec mon environnement. À force de fouiller, les choses se sont enchaînées et, en l’espace de quelques minutes, je m’inscrivais à un centre de méditation dans les Cantons de l’est, qui enseignait le Vipassana, technique d’observation de sa respiration, pendant dix jours. Ça me convenait parfaitement. Il fallait que je m’y inscrive au plus vite, mais les groupes étaient comblés pour les cours suivants. Déçue, je me suis contentée de ce que j’avais quand même appris.

Entre-temps, j’ai eu une aventure amoureuse avec un jeune Mexicain qui m’avait introduite à plein de nouvelles choses : l’hindouisme, le yoga et le végétarisme. Il me répétait souvent que je devais m’y intéresser, mais ces concepts étaient trop farfelues pour moi. Je ne me voyais pas du tout suivre ces modes de vie. L’hindouisme avait l’air trop compliqué à comprendre; le yoga semblait être une activité que pour les hippies; enfin, le végétarisme, n’en parlons pas, j’étais une vraie carnivore et je ne voyais vraiment pas comment on pouvait manger que des légumes et des fruits.

Plus tard, j’ai reçu un courriel du centre de Vipassana, qui m’annonçait qu’une place s’était libérée et que j’avais une semaine pour m’inscrire avant le début des cours. Pour moi, c’était un signe. J’ai sauté sur l’occasion et je l’ai fait sur-le-champ, sans réfléchir. Après cet événement, j’ai mis fin à mon amourette, parce que je croyais sincèrement que j’allais revenir de mon séjour comme une personne complètement métamorphosée et que j’aurais besoin de me concentrer sur moi-même. Maintenant, je m’étais donné comme mission de revenir guérie et donc, de ne pas partir avec mes médicaments. J’avoue que c’était une décision dangereuse, mais j’avais la foi que cette expérience me rapporterait beaucoup.

Je ne raconterai pas mon expérience, car je suggère fortement que chacun aille vivre la sienne, mais ce que je peux dire, c’est que c’était très pénible. D’abord, quand je suis arrivée là-bas et que j’ai appris qu’on ne servait que de la bouffe végétarienne, j’ai failli tomber en pâmoison. Dans ma tête, il ne faisait aucun doute que je n’allais pas tenir plus de deux jours et qu’on serait obligé de m’enterrer là-bas. Mais finalement, j’y suis parvenue et, à mon retour, tout le monde me disait que je rayonnais et que je paraissais beaucoup plus en santé. Ensuite, faire le vide dans sa tête et méditer dix heures par jour sont des tâches hyper ardues. Mais en gros, j’ai été contente du résultat.

Quelques semaines plus tard, je suis allée faire des prises de sang pour vérifier le taux de TSH (concentration d’hormones thyroïdiennes) dans le sang, et tout était normal. Je répète, tout était normal. Quand j’ai partagé à mon médecin que j’étais persuadée que la méditation y était pour quelque chose, il m’a rétorqué que, en fin de compte, je n’avais qu’un état d’hyperthyroïdie très faible, alors que les premières épreuves de laboratoires en démontraient le contraire! Bah! Pourquoi discuter avec lui, me suis-je dit. L’essentiel, c’est que j’en étais débarrassée.

Tranquillement, j’ai fini par être intéressée par ce dont mon ami mexicain me parlait. J’ai commencé par réduire la viande et à lire beaucoup de livres spirituels dont un qu’il m’avait offert pour mon anniversaire, la Bhagavad Gita, qui traite de la conscience de Krishna. Honnêtement, je ne me suis jamais accrochée à cette religion ou philosophie, mais j’ai  appris beaucoup de choses. Notamment, le détachement et la souffrance héritée de notre entourage. De toute façon, je suis quelqu’un qui est tellement polyvalent, changeant et éparpillé que je ne pourrais jamais devenir accro à quoi que ce soit… à part la mode, bien sûr. Ça, je l’ai dans le sang.

Depuis ce temps, je n’ai cessé de vouloir apprendre davantage sur la santé naturelle et les façons de s’adapter à ce nouveau mode de vie sans que ce soit trop contraignant. Et me voici, trois ans plus tard, toujours aussi passionnée par ces sujets. Aujourd’hui, je suis végétarienne, je pratique le yoga (mais pas religieusement) et je lis toujours des textes spirituels. J’avoue que ceci a été un long processus, mais il en valait la peine. J’ai essayé toutes sortes de méthodes par curiosité, surtout en cuisine et en médecines douces, juste pour en faire l’expérience et en tester les effets. Et c’est ce que je continuerai de faire, car je veux toujours faire et savoir davantage. Tel est le parcours que je veux partager.

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