Concours de circonstances (partie 2)

Pendant l’atelier, après avoir fait une méditation de groupe de quelques minutes, assis sur nos chaises moins que confortables, nous devions faire un exercice. James (Redfield) nous a demandé de nous retourner vers notre voisin et, en 7 minutes, de lui raconter notre minibiographie, nos aspirations et nos blocages ou craintes qui nous empêchent à atteindre nos objectifs. Sitôt cette commande passée, un homme dans la quarantaine, assis juste en avant de moi, s’est retourné gracieusement et m’a souri. J’ai tout de suite compris que j’étais l’heureuse élue pour ce partage de nos histoires. Nous nous sommes salués, et il m’a demandé si je voulais commencer. Sachant que j’adore blablater, j’ai préféré qu’il le fasse en premier.

Tony est président du centre de santé optimale Ikra, un centre de bien-être situé à Verdun, qui offre des services thérapeutiques tels que yoga, massages, drainage lymphatique, ostéopathie, hypnothérapie, réflexologie, reiki, alchimie, etc. Depuis un moment, il essaie d’écrire un livre à propos de son histoire personnelle, à savoir les retrouvailles avec sa mère biologique, qui l’avait donné en adoption. Toute sa vie durant, il a senti un vide et un grand besoin de connaître ses origines. Après de nombreuses recherches et des dizaines d’années plus tard, il a décidé de partir dans son pays natal, en Grèce, pour la retrouver. Ce n’est qu’après avoir fait sa rencontre que toutes les questions et les douleurs, aussi émotionnelles que physiques, refoulées au courant de sa vie, se sont définitivement dissipées. Par conséquent, il a pu enfin se débarrasser de cette lourdeur et s’épanouir.

C’est une belle histoire, mais pour une raison ou une autre, il ne parvient pas à l’écrire, faute d’inspiration ou de motivation. À la fin de notre échange, il a exprimé sa réticence à s’investir dans une relation amoureuse. Selon lui, ça ne ferait que lui puiser de l’énergie, chose dont il aurait extrêmement besoin pour réaliser son projet. D’ailleurs, il a d’autres plans : il compte partir en Asie pour deux mois très prochainement pour maîtriser sa pratique de tai-chi avec un maître spirituel et il pourra enfin le faire, puisqu’il a trouvé quelqu’un pour prendre la relève de son entreprise.

Les minutes se sont écoulées tellement vite que je n’ai eu que deux minutes pour lui parler de moi. En un flash, je lui ai raconté ma passion pour les arts, dont l’écriture, le dessin, la mode et la musique, mon départ à Paris pour terminer mon bac en traduction et les plans de mon prochain projet en alimentation vivante. Quelque part dans ma « microbiographie », j’ai mentionné la naissance de mon fils. Il m’a ralentie en me disant que j’avais sauté tout un chapitre de ma vie. Certes, je ne m’étais pas étendue là-dessus. De toute façon, je n’avais pas tout l’après-midi pour raconter ma vie privée. James nous a interrompus pour nous annoncer que l’exercice était presque terminé. Alors, en l’espace d’une minute, je lui ai avoué que, dans mon for intérieur, je voulais servir les autres, me sentir utile et être un genre de guérisseur, mais ne je savais pas si je pouvais assumer ce rôle. À la fin, je lui ai rapidement révélé qu’il ne devait pas se fermer à l’idée d’avoir une femme dans sa vie, car un amour qui est pur devrait inspirer et non contraindre.
— Comme une sorte de muse, a-t-il ajouté.
J’ai hoché de la tête.
— Voici ma révélation pour toi, a-t-il poursuivi. Tu es une personne sublime et tu es vraiment belle. Tu as une énergie débordante. Je peux la sentir. Je vois le guérisseur en toi. Quand tu t’exprimes par tes chansons ou tes dessins, c’est également une façon de guérir les autres. Je crois que ta voie est dans les médecines douces ou quelque chose du genre. Ne t’en éloigne pas.

Waouh ! Que de beaux compliments ! Je ne m’attendais pas à de telles paroles, surtout au fait qu’il me trouvait belle, avec mes cheveux extrêmement courts. Depuis que je les ai coupés, quelques amies m’avaient félicitée, mais j’étais encore un peu sceptique. Et là, je l’entendais de la bouche d’un homme autre que mon conjoint – parce que, soyons francs, nos amoureux nous trouvent toujours belles. Plus tard, pendant l’atelier, James m’a également confirmé quelque chose. À la période des questions, je lui ai demandé :
— Si l’on a une passion ou si l’on a cette envie brûlante de faire quelque chose, comment avoir la certitude que c’est notre mission ici-bas et que c’est la bonne chose à faire ?
Sa réponse en bref :
— Engage-toi et si tu ne rencontres aucun obstacle, c’est que tu es sur la bonne voie.

Je crois que je suis sur la bonne voie. En tout cas, quand il s’agit de me mêler à la philosophie holistique. Depuis quelques semaines, je n’ai eu que de bonnes aventures, qui m’ont propulsée vers la solidification de mes multiples projets. Ce blog en est un exemple. Je n’ai pas arrêté de lui donner la vie, de le rendre vivant. (En pensant à ces derniers mots, je remarque que donner de la vitalité est au centre de mon intérêt.)

La fin de cette journée a fini en beauté. Tandis que je prenais des photos de James en train d’apposer son autographe sur les livres de ses admirateurs, un homme aux cheveux parfaitement bouclés et garnis, avec un air jovial, m’a demandé de le prendre en photo avec l’auteur. Pour me remercier, on échangerait de place. C’était une proposition tout à fait satisfaisante, puisque la veille, je n’en avais pas pris de lui et moi. J’ai évidemment accepté de le faire. Quand mon tour est arrivé, je me suis approchée de James et dès qu’il m’a vue, il m’a répété avec émerveillement que je rayonnais. Puis, il s’est enquis sur le projet que j’avais en tête. J’étais toute surprise, car je ne le lui avais pas mentionné lors de la période de questions. Je lui ai expliqué mon intention de m’impliquer dans l’alimentation vivante. À cela, il m’a dit en anglais :
— Les aliments vivants, je suis très intéressé à ça. Connais-tu mon site Web www.celestinevision.com?
— Oui, bien sûr.
— Tu y verras mon adresse de messagerie. Envoie-moi un courriel et donne-moi des nouvelles sur l’évolution de ton projet.
— Entendu ! dis-je avec un sourire qui me déchirait le visage.

J’étais sur des nuages, voire plus haut que les nuages. Je devais rêver. L’homme aux cheveux bouclés s’est rapproché de moi et m’a posé des questions sur mon échange avec James et sur mon projet d’entreprise. Il était un peu au courant de cette nouvelle vague et il voulait en savoir plus.
— Je devrais faire comme toi, ton énergie est phénoménale, m’a-t-il déclaré. Je connais quelqu’un qui a adopté ce même mode de vie et son énergie est pareille à la tienne. Mon problème, c’est que j’adore le pain. J’ai quand même fait un effort : je mange seulement du pain à blé entier.
— C’est bien, lui ai-je répliqué avec un sourire réconfortant. Connais-tu le pain essénien ? C’est du pain vivant. Si tu n’arrives pas à t’en défaire, tu pourrais le remplacer par ça. Il suffit de le préparer dans un déshydrateur, ce qui implique qu’il faut que tu aies l’équipement. Mais tu pourrais t’en procurer dans les épiceries si ça existe.
À la fin de notre conversation, il m’a offert le cadeau qui était destiné à James, un tube de transport en carton blanc. Il m’a rassurée qu’il lui en donnera un autre plus tard. Je lui ai promis de l’ouvrir à la maison pour me réserver la surprise*.

Tandis que je lui parlais, d’autres personnes gravitaient autour de moi. Une femme avec les cheveux courts blond platine m’a serré la main, comme si nous étions des amies de longue date, puis m’a donné sa carte de visite. Elle était d’un bleu électrique avec des couleurs vivifiantes. Il était inscrit sur la carte : Boutique Cadeaux — Librairie ésotérique, puis au milieu de la carte, La Source, avec un soleil éclatant à la place de l’« o ».
— Si jamais tu te retrouves dans la région de Saint-Jérôme, viens me rendre visite dans ma boutique, m’at-elle dit avec un sourire tendre.
Puis, nous nous sommes lâché les mains, comme deux amoureux qui se disent au revoir et dont le dernier touché est leurs mains qui se séparent en glissant lentement jusqu’au bout des doigts. Ensuite, un des organisateurs du Réseau Vox Populi nous a demandé si nous voulions reprendre des photos avec l’auteur, mais avec son appareil-photo professionnel. Avec un grand enthousiasme, nous avons accepté. James n’avait pas du tout l’air à être dérangé par ces nombreuses tentatives. Enfin, l’homme que j’avais rencontré la veille et qui avait catégoriquement dit qu’il ne viendrait pas à l’atelier en raison du prix élevé était également présent. Il était content d’être venu. Il m’a révélé qu’il aurait tant voulu que sa mère, avec qui il a une mauvaise relation, soit réceptive à ces idées avancées. Tandis qu’il prononçait ces mots, il faisait tourner autour de ses doigts un collier bouddhiste à perles en bois noir. À quelques reprises, il me citait quelques enseignements de sa nouvelle admiration pour Bouddha. D’ailleurs, son look ne trahissait pas cet amour : il avait la tête rasée et portait une tunique tibétaine blanche. À travers ses lunettes, son regard me donnait l’impression qu’il était à la quête de quelque chose. Je sentais en lui la personne qui avait rejeté son ancienne religion pour en adopter une autre avec zèle parce qu’il avait un vide intérieur. Il était content de se retrouver parmi des gens qui partagent les mêmes valeurs que lui. « Il faut presque s’éloigner des autres, parce qu’ils ne comprennent pas », a-t-il dit. J’ai senti le besoin de lui dire qu’il ne fallait pas exclure radicalement ceux qui n’acceptent pas sa nouvelle philosophie et de s’allier uniquement à une communauté, sinon ça pouvait devenir sectaire et parfois, ces gens-là qui sont incrédules peuvent nous ramener sur terre ou bien, on peut leur être utile. Il a acquiescé et nous nous sommes quittés. Nous allions certainement recroiser nos chemins plus tard.

Ce weekend-là, en ces derniers jours de mars, j’étais aux anges. J’ai fait l’expérience d’un enchaînement d’événements incroyables et de révélations inattendues ; je m’étais fait dire comment je suis un être magnifique ; j’avais fait la connaissance de personnes extraordinaires. Bref, j’avais participé à un heureux concours de circonstances et j’avais appris que si je voulais en vivre constamment, chaque matin, il suffisait de demander que je me remémore mes synchronicités pour m’aligner sur le meilleur chemin tracé pour moi.

*Arrivée à la maison, le cadeau offert était un grand carton blanc plastifié avec le mot amour écrit en plusieurs langues et plusieurs couleurs.

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