Compte-rendu de la soirée autour l’EMI

À peine avais-je franchi le seuil de la porte de la salle du centre de Réseau Vox Populi, le 12 avril dernier vers 19 h, que j’ai entendu mon nom être appelé par une voix féminine avec un grand étonnement.
— Waouh! Grasset, n’est-ce pas ? s’est enquise la jeune femme avec un teint caramel et des cheveux frisés presque blonds qui tombaient sur son front.
Elle se référait au Collège André-Grasset, cégep (école de niveau de deuxième cycle au Québec) auquel je suis allée il y a 15 ans (oui, je suis toujours aussi jeune). C’était à mon tour d’être étonnée.
— Oh! Mon Dieu! C’est toi l’animatrice de la soirée, celle qui a eu la NDE? Je n’ai pas calculé quand j’ai  vu ton nom sur le site Web.

J’étais excitée à l’idée que ceci ne pouvait pas être une coïncidence. J’allais sans l’ombre d’un doute embrasser la suite des événements et me laisser emporter sans attachement.

Après lui avoir fait la bise, elle m’a demandé comment j’avais entendu parler de cette soirée. Gilles Bédard, journaliste et animateur de radio en plus d’être spécialiste en musique contemplative, se tenait à côté d’elle. C’était son accompagnateur. Je lui ai raconté mon histoire avec James Redfield et la rencontre du promoteur de Réseau Vox Populi, événements qui m’avaient conduite jusqu’ici.
— J’ai interviewé James Redfield à quelques reprises, a interjeté gaiement Gilles Bédard.
Je l’ai regardé avec admiration.
— Peut-être qu’un jour, je le ferai aussi : lui, Don Miguel Ruiz et toutes les autres personnalités inspirantes.
— Je viens de l’interviewé lui aussi. Il est arrivé hier à Montréal. C’est un être exceptionnel.
— J’en suis certaine.

Maryse m’a demandé la nature de mes activités et je lui ai expliqué mon intérêt concernant l’holisme, la globalité de l’être, au point de vue de ses quatre fameuses dimensions (émotionnelle, mentale/psychologique, physique et spirituelle). Intéressés, les deux animateurs ont pris l’adresse internet de mon blogue. Après avoir fait quelques échanges avec d’autres personnes, la soirée a débuté. On était huit. Tous assis en cercle, nous devions faire un partage en ce qui concerne notre ressenti d’une expérience de mort imminente (EMI) ou une expérience plus ou moins semblable (je n’en ai jamais eu, en passant, quoique j’aimerais bien la vivre). Ce rassemblement avait comme objectif de briser le silence et de sortir de la solitude sans être jugé.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une expérience de mort imminente ? C’est l’expérience de vivre un autre état de conscience autre que celui vécu à l’état éveillé, comme une sortie du corps, au moment d’un coma avancé, d’une mort approchée ou d’une mort clinique avant d’être réanimé. Plusieurs témoignages citent : décorporation, conviction d’être mort et cependant conscient mais dans un corps immatériel (ou corps astral), déplacement le long d’un tunnel, vision d’une lumière intense, rencontre avec des personnes décédées ou des « êtres de lumière », remémoration en accéléré de sa propre existence, prises de conscience, etc. J’ai appris dans cette soirée que plusieurs avaient ouvert sérieusement les portes de ce sujet, aujourd’hui de plus en plus considéré comme étant un phénomène crédible. On y compte : Raymond Moody, Mario Beauregard, Elizabeth Kubler-Ross, Kenneth Reid, Stéphane Halix, parmi tant d’autres… Voici l’expérience type selon Raymond Moody :

« Voici donc un homme qui meurt, et, tandis qu’il atteint le paroxysme de la détresse physique, il entend le médecin constater son décès. Il commence alors à percevoir un bruit désagréable, comme un fort timbre de sonnerie ou un bourdonnement, et dans le même temps il se sent emporté avec une grande rapidité à travers un obscur et long tunnel. Après quoi il se retrouve soudain hors de son corps physique, sans quitter toutefois son environnement immédiat ; il aperçoit son propre corps à distance, comme en spectateur. Il observe de ce point de vue privilégié les tentatives de réanimation dont son corps fait l’objet (…) Bientôt, d’autres évènements se produisent : d’autres êtres s’avancent à sa rencontre, paraissant vouloir lui venir en aide ; il entrevoit les esprits de parents et d’amis décédés avant lui (…) Mais il constate alors qu’il lui faut revenir en arrière, que le temps de mourir n’est pas encore venu pour lui. À cet instant, il résiste, car il est désormais subjugué par le flux des évènements de l’après-vie et ne souhaite pas ce retour (…) Par la suite, lorsqu’il tente d’expliquer à son entourage ce qu’il a éprouvé entre temps, il se heurte à différents obstacles. En premier lieu, il ne parvient pas à trouver des paroles humaines capables de décrire de façon adéquate cet épisode supraterrestre (…) Pourtant cette expérience marque profondément sa vie et bouleverse notamment toutes les idées qu’il s’était faites jusque-là à propos de la mort et de ses rapports avec la vie. »

— Raymond Moody, La vie après la vie, 1977, trad., Editions Robert Laffont, pp. 35 à 37.

Selon les témoignages dans la salle, les expériences étaient distinctes l’une de l’autre.  Une femme a raconté qu’il y a plus de 30 ans de cela, elle était sortie de son corps et était passée de l’« autre côté ». Dans le noir complet, elle avait senti une énergie d’amour et de paix. Toutefois, une énergie plutôt négative y régnait également. Elle a ensuite vu un membre de sa famille, sa grand-mère, si je ne me trompe pas, qui est venue lui dire qu’elle n’était pas la bienvenue et qu’elle devait repartir sur-le-champ : ce n’était pas son temps. Contre son gré, elle est retournée dans son corps, qui la maintenait inconfortablement et étroitement comme dans un étau. Elle a alors senti une grande douleur physique dans son corps qu’elle jurait être étranger. Pendant des années, elle a ressenti de la frustration et de la colère, et ce n’est que maintenant qu’elle commence à accepter cet événement et à en  parler. Pour l’aider à replacer son énergie, elle voit aujourd’hui un médecin spécialiste au nom de Jean Ratte, qui se sert d’une technique appelée méthode holoénergétique, dénomination actuelle indiquant que l’être humain est un holon et pas seulement un hologramme.

Selon Maryse, après cet épisode, on vit ce que l’on appelle la grâce de l’expérience, c.-à-d. l’acceptation entière d’avoir eu une telle expérience et le fait de continuer sa vie sans difficulté émotionnelle ou avec bonheur. Car il arrive souvent de se sentir déprimé ou de ressentir une incompréhension, une frustration, une solitude, une révolte… C’est un moment postérieur qui n’est pas toujours merveilleux comme on a l’habitude de l’entendre. En ce qui la concerne, elle est passée outre. En effet, Maryse l’a vécue il y a à peu près deux ans. À la suite de cela, elle prend conscience qu’elle n’a plus peur de la mort. Elle comprend que ce qui importe est l’amour et la simplicité. Du coup, elle décide d’œuvrer auprès des patients en fin de vie. C’est ainsi qu’elle part aux États-Unis pour apprendre la thérapie par la harpe au Buck’s County Community College et pour faire un  stage au Robert Wood Johnson University Hospital, parallèlement à sa carrière de réalisatrice pour la télévision et le documentaire. Afin de faciliter une transition paisible, sa démarche en tant que harpiste thérapeute auprès des patients en phase terminale consiste à créer à leur chevet un espace musical favorisant la sérénité et le lâcher-prise. Elle collabore actuellement avec l’équipe de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Notre-Dame à Montréal. J’aurais tant voulu partager son histoire comme elle l’a racontée, mais par respect, je ne la diffuserai pas sur Internet. Par contre, je peux dire qu’elle est très semblable à l’expérience qu’a vécue Anita Moorjani.

Quant à Gilles Bédard, il vit son expérience de mort imminente à l’âge de 20 ans. Sa quête le mène au-delà de l’expérience, sur le chemin de la transformation et de son intégration au quotidien. Au fil des ans, Gilles a développé INERSON, une méthode de travail utilisant la musique en tant qu’outil de transformation personnelle (plus de détails ici). Pendant la soirée, il a beaucoup parlé de Steve Roach avec ses chansons Structures from Silence et A Deeper Silence. Gilles avait cette sorte de douceur et de sensibilité à l’intérieur de lui. Je sentais son côté féminin, son cerveau droit, hautement développé.

Un des participants a demandé ce qu’on voyait de l’«autre côté». La femme qui avait précédemment raconté son histoire a décrit que la sensation était comme si l’on était dans un noir total et l’on voyait les étoiles dans la voûte céleste de près. On sent qu’on est le cosmos, on se sent dans une sorte de matrice, un vide plein, comme l’a formulé une autre femme, qui, elle, avait vécu une mort partagée avec sa mère.

Les expériences de mort partagée ressemblent aux expériences de mort imminente (décorporation, vision autoscopique, lumière mystique, sentiment exacerbé de bien-être, d’amour et de paix, etc.) à un détail près : elles sont vécues par des gens en bonne santé, physique et psychologique, mais qui se manifestent au moment du décès d’un proche. Ils se tiennent près du corps et se sentent transportés ailleurs, comme échappés de leur propre corps, immergés dans une intense lumière et « participent » dans la paix et l’amour au départ du proche (ou du patient) après avoir généralement visualisé à ses côtés le film de sa vie.

— Wikipedia

Parmi d’autres témoignages intéressants, il y avait celui d’une autre femme qui avait fait un rêve et qui avait vécu exactement les mêmes choses dans la réalité le lendemain. Tous les détails y étaient, donc elle pouvait prévoir les événements futurs. Après cette expérience, elle a compris qu’on avait déjà vécu le futur et que le temps est intemporel. Ça me rappelle ce que j’avais déjà plus ou moins entendu auparavant, à savoir qu’il n’y a ni de passé ni de futur. On pourrait ajouter à cela qu’il n’existe que l’instant présent.

On avait déjà dépassé les 22 h, l’heure de la fin, lorsque Jean Rivest, le promoteur de la soirée, est entré dans la salle. Sans dire un mot, je sentais qu’il nous invitait à partir. Mais avant de se laisser, tout le monde voulait que Maryse joue de la harpe. Comme elle avait emmené sa petite harpe thérapeutique au lieu de la grande, habituellement utilisée dans les centres hospitaliers, elle s’est installée confortablement et a déposé ses doigts fins sur les cordes de l’instrument. Tandis qu’elle balayait gracieusement la harpe, je me suis laissé transporter dans un calme heureux par les notes harmonieuses. C’était magique. C’était tellement beau à voir et à entendre. Soudainement, je l’imaginais assise sur un grand roc au milieu de l’océan avec le vent soufflant dans les cheveux, telle une sirène.

Après ce beau spectacle, nous avons vite enfilé nos blousons et sommes sortis dans le froid humide de Montréal. Tout excités, nous étions désormais devant la porte.
— Oh! Mais on n’a pas entendu ton histoire, a remarqué une des participantes. Qu’est-ce qui t’a emmené ici ?
— Je n’en ai aucune à raconter. Je suis « journaliste », une blogueuse, ai-je répondu avec le sourire.
Je me réjouissais à m’entendre me décrire ainsi, comme si c’était vraiment mon métier.
— Quoi ?! On s’est espionnés ? Tu vas nous exposer ?
— Non, pas du tout. Je vais raconter vos histoires vaguement et je ne vous identifierai pas. Je suis ici parce que je suis une grande curieuse.
Tout le monde était rassuré. À la fin, j’ai embrassé le peu de participants présents rapidement et Gilles, chaleureusement. J’ai noté les coordonnées de Maryse pour que je puisse la revoir et, tranquille, j’ai longé le trottoir jusqu’à ma voiture. Le lendemain, je savais que mon film aventurier n’était pas terminé.

Sur cette note, je vous laisse avec Structures from Silence, la pièce de Steve Roach. Je l’ai entendue pour la première fois hier.

 http://www.youtube.com/watch?v=u0oRUxEwROk

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